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Quatre
décennies d’adaptation et d’anticipation
En 40 ans l’IRA a su
répondre aux besoins des entreprises. Des appareils relevant de la
micromécanique et du pneumatique, on a basculé au cours des années
70-80 vers les composants électroniques et le câblage électrique. Puis,
l’analogique a cédé la place au numérique. Les grandeurs mesurées ne
se limitent plus aux classiques pression, température, niveaux et débit
et on assiste à l’émergence de l’analyse en ligne, des systèmes de
contrôle commande. Entre 1990 et 2000, face à l’évolution de l’informatique
industrielle, la situation est mûre pour l’intelligence distribuée, la
mise en réseau et les réseaux de terrain.
En parallèle, l’environnement, la normalisation de la qualité et l’évolution
des réglementations influent sur l’éventail des formations.
Une
évolution technologique profonde
A la création de l’IRA en
1967, le pneumatique et la micromécanique règnent sur la régulation et
les automatismes. Aujourd’hui l’informatique a investi les procédés
L’air servait à tout, faire
tourner une raffinerie par exemple. Le pneumatique a connu la gloire et
certaines unités dans le monde lui font toujours confiance, poussant à
bout les possibilités du célèbre PID (proportionnel, intégral,
dérivé). Avec les premiers appareils électriques, on conserve
l’architecture générale mais en pneumatique on passe par des relais
électromécaniques et des câbles. On ne parle plus en pression mais en
tension et courant.
Les
choses se compliquent quand apparaissent les composants électroniques
avec leurs courants faibles remplaçant les relais. L’automation est
prise en charge par les automates programmables industriels, les
calculateurs. Une partie des besoins logiques est réalisée localement,
seules remontent au poste central des informations choisies. Conséquence
: l’émergence de nouveaux besoins en connection et en synchronisation.
Les procédés batch et l’industrie manufacturière s’intéressent à
ces possibilités. Nous voilà dans la période des systèmes de contrôle
centralisé. Il reste néanmoins beaucoup de câblages, coûteux en
matériels et en temps d’installation avec leurs milliers
d’entrées/sorties ; vulnérables car soumis à une panne de
calculateur.
Dans les années 90 les microprocesseurs vont à nouveau bouleverser
l’architecture du contrôle commande. L’intelligence se distribue,
descend les échelons pour se retrouver au plus près du terrain sur les
capteurs. Le procédé est vu sous un jour nouveau : plus
d’informations, de bilans et de capacité d’analyses. Du coup, les
besoins en communications explosent et s’organisent au travers de
réseaux avec leurs protocoles maison (réseaux de cellules, d’atelier,
d’usine) et pour support des câblages moins nombreux véhiculant des
flux de données considérables. L’émergence de l’Internet achève le
rêve d’une communication globale.
La progression de l’électronique de puissance a aussi un impact sur la
régulation des procédés. La variation de vitesse sur les moteurs
électriques à courant alternatif se banalise et permet de réguler
finement le procédé et de réaliser des économies d’énergie.
L’accroissement des capacités d’acquisition et de traitement de
données a servi les besoins internes pour la démarche qualité de
production profitant ainsi au suivi des données environnementales.
La
mue de l’industrie
En quarante ans le paysage
industriel a bien changé. Les énormes sites industriels des Trente
glorieuses avec leurs milliers d’employés dans une même entreprise ont
disparu.
Aujourd’hui les sites sont
éclatés, les effectifs fondent, les sociétés de services sont
omniprésentes.
Mais les fonctions régulation et automation perdurent dans ce contexte
profondément modifié : elles sont seulement masquées car intégrées
dans d’autres métiers. Volonté délibérée ou cheminement
naturellement issu de l’évolution technologique, de ses opportunités ?
Le fait est là.
Pendant
les Trente glorieuses, il fallait faire gros, cloisonner, hiérarchiser !
Chaque service avait son domaine. En exploitation les tâches étaient
réparties par atelier, chaque atelier ayant ses propres outils, son
personnel attaché. Idem pour la maintenance avec des services bien
délimités: mécanique, instrumentation, électricité, analyseurs,
automation, informatique industrielle plus tard. Tout ce monde là ne
communiquant pas de manière optimale. Tout était dans le même esprit.
Un découpage «idéal» nécessitait beaucoup de personnel posté en 3/8.
Il correspondait aussi aux besoins de l’époque. Sur un tableau droit
affichant des kyrielles de régulateurs et d’enregistreurs, un
opérateur pouvait surveiller une cinquantaine de boucles de régulation.
Un instrumentiste pouvait mettre une demi-journée à régler un capteur
pneumatique ! La présence sur le terrain était indispensable, les outils
de diagnostic réduits à leur plus simple expression. Le savoir-faire
était décisif.
L’arrivée de l’électronique, des SNCC a conduit à une concentration
des tâches. Les actions en conduite sont optimisées, beaucoup de choses
se passent désormais en salle de contrôle sur des pupitres.
Un seul opérateur prend en charge plusieurs centaines de boucles de
régulation. Le nombre d’interventions et leur durée se réduisent. Les
effectifs fondent «naturellement». Cela va provoquer des interactions
entre le personnel d’exploitation et celui de maintenance plus
importantes.
Au début des années 1980, le changement s’accélère. Les outils de
conduite font aussi des diagnostics. La notion de maintenance de premier
niveau apparaît : l’opérateur est à même de réarmer un dispositif,
de remettre en état a minima. Le technicien spécialiste à feu continu
disparaît au profit du système d’astreinte. A la fin de la décennie,
la deuxième génération de SNCC apparaît, les salles de contrôle se
regroupent. Un opérateur n’est plus attaché à un atelier, il est
polyvalent.
En parallèle la maintenance évolue. Le personnel est moins présent sur
le terrain avec la diminution des interventions. La fonction de
maintenance, au moins pour les choses courantes, est parfois rattachée à
l’exploitation; c’est aussi le début de la sous-traitance : le
personnel attaché à l’entreprise se transforme en superviseur
d’intervenants extérieurs.
Des contrats globaux de services prennent en charge différentes fonctions
d’un site avec un impact direct sur les besoins en formation.
L’arrivée de ces intervenants a modifié la demande en formation et
l’a restreinte dans un premier temps. Et aujourd’hui ces prestataires
sont les premiers clients de l’IRA.
Sans
homme pas d’instrumentation intelligente
Au milieu des années 90
certains prédisaient la disparition des instrumentistes. Mais la
réalité du terrain est têtue. Certains métiers resteront. L’IRA a
encore de l’avenir devant lui.
Tant que l’on transformera
de la matière, il faudra savoir mesurer pour agir. Une température, une
pression, un débit ne sont pas des grandeurs à la mode. Elles sont ! Et
il faudra toujours autant de soin pour les capter correctement, et les
transmettre de manière fiable. «Instrumentiste», «tuyauteur en
instrumentation», «câbleur» peuvent sembler des métiers désuets, ils
recouvrent des besoins bien réels. Le plus beau des SNCC ne vaudra pas
plus que la qualité des informations qui le nourrissent.
Qu’on
se le dise. L’instrumentation et l’automation pneumatiques
nécessitaient des compétences relevant de la micromécanique
essentiellement. Les appareils avaient des durées de vie importantes.
Instrumentistes et régleurs démarraient avec une formation de base et
s’affûtaient sur le tas. L’arrivée des relais électromécaniques
puis des composants électroniques a brusquement changé le profil ; il
faut désormais des électriciens.
Avec les automates programmables, c’est une nouvelle approche de la
régulation élargie avec l’arrivée des SNCC. De nouveaux métiers
apparaissent comme le pupitreur qui réalise la conduite de procédé
devant un écran et non plus sur le terrain.
En parallèle se développe l’analyse en ligne. L’arrivée de la
complexité accroît les besoins en matière de sûreté de
fonctionnement. Si à l’origine, pour faire face à un danger on se
protégeait, l’approche évolue avec la prévention : il faut éviter
qu’un accident se produise. D’où la mise en place de systèmes
automatiques pour éviter que le procédé entre dans une zone à risque.
Cela demande la mise en oeuvre de systèmes spécifiques.
Au milieu des années 80/90 l’émergence des politiques de qualité avec
l’arrivée des référentiels ISO, les besoins de traçabilité et de
mise en place des procédures font apparaître le métier de qualiticien.
La fonction métrologie se renforce tout comme le besoin en techniciens en
métrologie industrielle. Globalement le besoin en méthodes se renforce
et impacte les bureaux d’études d’où la création de formations
spécifiques. L’ensemble du contexte réglementaire évolue sous la
pression des directives européennes.
Après la qualité et la sécurité l’environnement apporte ses besoins
propres en suivi des rejets, donc en besoins complémentaires de mesure.
La compétence en instrumentation se dissémine et chaque métier
l’approche avec son besoin particulier. Le besoin de compétences se
fait sentir aussi chez les fournisseurs de matériels. Ceux-ci se
banalisent et la valeur ajoutée n’est plus tellement au niveau du
produit. On n’est plus dans une logique produit vis-à-vis d’un
capteur, d’un analyseur ou d’un automate mais dans une logique de
solution. Les clients sont de plus en plus compétents et exigeants ; en
face, le technico-commercial doit pouvoir sentir les besoins réels pour
construire sa réponse.
Évoluer
sur le contenu et sur la forme
Le contenu de la formation
doit coller aux évolutions techniques et technologiques. La
transformation des méthodes d’enseignement est tout aussi importante.
Dans les premiers temps de
l’IRA, les formateurs devaient faire face essentiellement à un
problème quantitatif : les stages étaient remplis à 12/16 personnes,
les délais d’attente atteignaient un an. De nombreux stages duraient
deux semaines, laissant le temps à de nombreux exercices et travaux
pratiques favorables à une bonne assimilation. Une centaine de stages
différents étaient au catalogue, équivalent à celui d’aujourd’hui
mais les titres et les contenus ont fortement évolués. Une tendance
nette se dessine, le raccourcissement de la durée des stages
correspondant souvent à une scission en deux d’une formation. L’outil
pédagogique principal était le tableau noir ou des transparents sur
rétroprojecteur. Les formateurs devaient faire preuve de beaucoup
d’imagination pour faire passer les messages.
Au
fil des ans, les transparents sur un rétroprojecteur se colorisent,
s’animent grâce à des calques. Fin des années 1980, l’IRA commence
à réaliser des animations destinées à l’enseignement mais aussi le
premier simulateur dynamique d’entraînement permettant de recréer des
situations proches de la réalité industrielle. Petit à petit le
savoir-faire pédagogique développé par les formateurs a pu
s’intégrer dans des supports dédiés à tel ou tel enseignement.
Aujourd’hui la puissance des microordinateurs et des outils
d’animation est exploitée pour créer des produits pédagogiques,
multimédias, ludiques et performants. Parmi les outils développés,
MédiaEval créé dès 1998 est destiné à tester les connaissances
d’un futur stagiaire selon un référentiel de compétences adapté aux
métiers de l’entreprise (accessible en ligne). Cet outil multimédia
sert à la fois à une personne pour évaluer ses compétences et à
l’entreprise pour gérer les compétences du personnel et élaborer des
plans de formation. Dans la foulée, l’IRA crée dès 1999 « COLIBRI »
un véritable simulateur de procédés industriels configurable et
paramétrable qui permet de le rendre flexible à souhait.
L’IRA anticipe les besoins au travers de travaux de développement au
sein de deux projets européens : Elvire pour la formation à distance et
Advance pour la réalisation d’enseignements adaptés au profil cognitif
du stagiaire. Les stages proposés par l’IRA sont inter-entreprises (à
Arles mais aussi chez ses partenaires à Paris, Dunkerque ou Cholet) ainsi
qu’en intra-entreprises pour répondre à un besoin d’économies
(formation sur place) ou de formations adaptées au contexte de
l’entreprise et sur ses appareils. Une centaine de formations sont ainsi
dispensées tous les ans.
Dans le grand mouvement des années 90 l’IRA était questionné par
certains grands clients par rapport à sa démarche qualité. Ce qui l’a
amené à réaliser une analyse des formations délivrées. Un gros
travail de structuration des cycles a été entrepris par toute
l’équipe de l’IRA pour parvenir dès avril 2000 à décrocher la
certification ISO 9001. C’est un argument commercial. Le renouvellement
en 2003 s’est déroulé selon la version 2000. Cette démarche a permis
de structurer le savoir et d’assurer la traçabilité des formations
vis-à-vis des clients. En évaluant leur niveau de satisfaction,
l’acquisition des connaissances par les stagiaires, il est possible
d’améliorer l’offre en étant à l’écoute des clients.
Aujourd’hui la certification AFAQ ISO 9001 : 2000 vient conforter ses
relations avec ses clients et partenaires les assurant de son engagement
au service de la qualité. Elle constitue également un accès aux
nouveaux marchés nationaux et internationaux.
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